Projet géothermie aéroport Zurich

De l’énergie géothermique pour l’aéroport de Zurich

16.11.2023

Zéro net d’ici 2040 : c’est l’objectif que s’est fixé l’aéroport de Zurich. La géothermie fait partie de la solution, avec un chenal de l’ère glaciaire situé à 300 mètres sous le site de l’aéroport.

L’aéroport de Zurich innove pour remplacer les combustibles fossiles en misant sur la géothermie. Après avoir utilisé cette énergie naturelle en bande pour la décarbonisation en installant des pieux énergétiques géothermiques pour ses nouveaux bâtiments, il fait un pas de plus en profondeur: un projet prometteur à cet égard pourrait être l’utilisation d’un chenal de l’ère glaciaire situé 300 mètres sous le terrain de l’aéroport. Ce chenal, remplie de graviers aquifères, servirait de réservoir de chaleur et de froid pour chauffer et refroidir une part importante des bâtiments de l’aéroport sans émissions. Ce projet de cette dimension est jusqu’à présent unique en Suisse.

Premiers résultats prometteurs

Les experts de l’aéroport de Zurich SA ont élaboré, en étroite collaboration avec IG Rinne, un consortium composé du bureau d’ingénieurs-conseils Geo Explorers, de Sieber Cassina & Partner AG et de E-Axiom GmbH, une méthode en plusieurs étapes pour analyser le potentiel du chenal en tant que réservoir. Dans un premier temps, des études sismiques ont été réalisées. Cela a permis de représenter la profondeur du chenal, sa forme et la structure grossière des couches. Des forages de sondage supplémentaires sur trois sites ont confirmé les premières conclusions et fourni des informations prometteuses sur le chenal : il peut atteindre un kilomètre de large et environ 30 kilomètres de long. Mais ce qui est décisif, c’est sa nature. Le chenal transporte du gravier et de l’eau et remplit ainsi les conditions d’un accumulateur potentiel de chaleur et de froid. La chaleur excédentaire de l’été peut être stockée dans des graviers aquifères et prélevée pour le chauffage en hiver. Inversement, les bâtiments peuvent être refroidis en été.

Un projet pilote au rayonnement national

La prochaine étape consiste à créer un puits test. Il doit notamment montrer quelles quantités d’eau peuvent être pompées, quelle est la vitesse d’écoulement et la composition chimique du cours d’eau. De cela dépendra l’emplacement définitif des puits pour le pompage et le retour de l’eau souterraine, ainsi que le nombre de puits nécessaires pour utiliser la rigole comme réservoir efficace. Si un trop grand nombre de puits s’avérait nécessaire, l’aéroport de Zurich AG ne pourrait pas mettre en œuvre le projet avec toute son efficacité. Mais les perspectives sont positives. Les résultats des études menées jusqu’à présent sont prometteurs. Indépendamment de la mesure dans laquelle ce chenal pourra finalement être utilisé comme réservoir de chaleur et de froid pour l’aéroport, les études actuelles sont précieuses et fournissent de nouvelles connaissances importantes sur la structure et les eaux souterraines de tels caniveaux profonds ainsi que sur leur exploitation.

En cas de succès, l’aéroport de Zurich pourra utiliser le chenal comme réservoir de chaleur et de froid à partir de 2026. L’aéroport de Zurich SA estime que les coûts d’investissement pour l’exploration du chenal et la construction des puits se situent entre 4 et 8 millions de francs – selon le nombre et l’emplacement des puits. S’y ajouteraient des coûts d’aménagement pour les conduites et d’autres mesures techniques. Le projet est soutenu par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) en tant que projet pilote pour la géoénergie avec un maximum de 1 million de francs.

Plus d’information ici (en allemand et en anglais)

Forages exploratoires à l’aéroport de Zurich, durant le traffic aérien, image (c) Geo Explorers

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